
Quand mes clients du Morbihan me posent cette question, je perçois toujours la même inquiétude : peur que le bois pourrisse, se déforme ou finisse gris et moche en trois hivers. Après des années de chantiers entre Vannes et le littoral, je peux vous répondre franchement. Oui, le bois tient. Mais pas n’importe lequel, et surtout pas posé n’importe comment.
L’essentiel en 30 secondes
- Un bardage bois résiste 20 à 30 ans sur terrasse exposée avec une essence classe 4 ou 5
- Padouk, red cedar et mélèze traité sont les trois options fiables en climat breton
- La lame d’air ventilée de 20 mm est non négociable pour éviter le pourrissement
- Un saturateur tous les 2 à 4 ans suffit à maintenir l’esthétique
Oui, mais pas n’importe quel bois : la vérité sur la résistance à l’humidité
Oui, un bardage bois résiste à l’humidité d’une terrasse exposée — à condition de choisir une essence naturellement durable (classe 4 ou 5) et de respecter une pose ventilée conforme au DTU 41.2.
Sur les chantiers que je réalise dans le Morbihan, je vois cette confusion revenir sans cesse. Mes clients confondent le bois du bricolage dominical avec les essences conçues pour affronter la pluie bretonne pendant des décennies. La différence tient en un mot : la classe de durabilité.
Selon la classification NF EN 350, les bois de classe 1 (très durables) tiennent plus de 25 ans, ceux de classe 2 entre 15 et 25 ans. À l’inverse, un bois de classe 4 ou 5 non adapté à l’extérieur ne dépassera pas 5 à 10 ans. Simple.

L’autre condition absolue, c’est la ventilation. Le DTU 41.2 en vigueur depuis 2015 impose une lame d’air d’au moins 20 mm derrière le bardage. Sans cette circulation, même le meilleur bois du monde finira par saturer d’eau et pourrir par l’arrière. J’y reviendrai dans la partie erreurs.
Si vous hésitez encore entre bois et autres options, consultez notre guide sur le matériau qui résiste aux intempéries pour comparer objectivement.
3 essences qui tiennent vraiment face à l’humidité bretonne
Franchement, je déconseille de vous perdre dans la liste des 40 essences disponibles sur le marché. Dans la vraie vie, sur le terrain breton, trois options sortent du lot. Les voici avec leurs forces et leurs limites.
Selon les données actualisées de février 2025, le padouk et l’ipé font partie des bois naturellement classe 5, adaptés au contact permanent avec l’eau. Le red cedar et le mélèze se classent naturellement en classe 3, ce qui reste suffisant pour une exposition protégée.
| Essence | Classe durabilité | Tenue climat océanique | Entretien | Prix posé €/m² |
|---|---|---|---|---|
| Padouk | Classe 5 naturelle | Excellente, pas de traitement | Saturateur tous 3-4 ans | 120-180€ |
| Red cedar | Classe 3-4 naturelle | Très bonne, grisaille rapide | Saturateur tous 2-3 ans | 100-165€ |
| Mélèze traité | Classe 3-4 après traitement | Bonne, essence locale | Saturateur tous 2 ans | 57-125€ |
Ces tarifs proviennent des données avril 2025 et incluent la pose par un professionnel. Comptez environ 15 à 20% de plus en zone littorale pour la main d’œuvre spécialisée.
Si vous ne devez retenir qu’une chose : le padouk reste mon premier choix pour une terrasse plein sud sans avancée de toit. Le red cedar convient parfaitement si vous acceptez le grisaillement naturel. Le mélèze représente le meilleur rapport qualité-prix pour les budgets plus serrés.
Pour un projet de bardage adapté à votre terrasse exposée, découvrez les solutions de bardage extérieur conçues pour le climat breton.
L’entretien qui fait la différence entre 10 et 25 ans de durée de vie
Ce que mes clients ne réalisent pas avant de voir le résultat : l’entretien d’un bardage bois ne ressemble pas à celui d’un volet. Moins contraignant. Plus stratégique.
Le grisaillement n’est pas un défaut. C’est une patine naturelle causée par les UV. Si vous l’acceptez, vous n’avez quasiment rien à faire. Si vous voulez conserver la teinte d’origine, un saturateur tous les 2 à 4 ans suffit selon l’exposition de votre façade.

L’avantage du saturateur sur la lasure ou la peinture ? Il pénètre dans les fibres sans créer de film en surface. Pas de craquèlement, pas de ponçage avant renouvellement. Vous nettoyez, vous appliquez, c’est terminé.
Attention : N’utilisez jamais de nettoyeur haute pression sur votre bardage. La puissance du jet arrache les fibres et accélère la dégradation. Un simple balai-brosse avec de l’eau savonneuse fait le travail.
Dans les dossiers que je vois passer, la différence entre un bardage qui tient 10 ans et un autre qui dépasse 25 ans se joue souvent sur trois gestes simples répétés chaque année.
Votre routine annuelle bardage bois
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Inspecter les lames basses (mars) : traces de mousse, déformation, noircissement -
Nettoyer au balai-brosse + eau savonneuse (avril) : éliminer dépôts hivernaux -
Vérifier les fixations visibles : vis rouillées, têtes enfoncées -
Appliquer saturateur si teinte ternie (mai-juin, temps sec)
Cette liste n’est pas exhaustive. Chaque bardage a ses particularités selon l’essence et l’orientation. L’essentiel reste de ne jamais laisser passer un hiver sans inspection visuelle des zones basses.
Les erreurs de pose qui condamnent un bardage en 5 ans
Cas terrain : le bardage de Marc à Larmor-Plage
J’ai accompagné Marc l’année dernière. Son cas m’a marqué parce qu’il illustre l’erreur la plus fréquente. Terrasse sud-ouest face à la mer, sans avancée de toit. Bardage pin douglas posé par un autre artisan 7 ans avant mon intervention. Résultat : grisaillement extrême sur l’ensemble, mais surtout déformation et noircissement des trois rangées basses.
Le problème ? Essence classe 3 pour une exposition directe pluie battante, sans protection. Le budget limité de Marc ne permettait pas de tout refaire. Solution : remplacement des rangées basses par du padouk, traitement des lames hautes récupérables. Coût de la réparation : environ 2 800 € pour 8 m² de remplacement.
Dans les chantiers que je réalise sur le littoral morbihannais, l’erreur la plus fréquente que je rencontre concerne le choix d’un bois de classe 3 pour une exposition directe sans protection. Résultat : des lames à remplacer après 6-8 ans seulement. Ce constat est spécifique à notre climat océanique très humide.
La seconde erreur tue silencieusement. L’absence de lame d’air ventilée derrière le bardage. Le bois sèche par l’avant grâce au vent et au soleil. Mais s’il ne peut pas respirer par l’arrière, l’humidité reste piégée. Le pourrissement commence par la face cachée, invisible pendant des années.

Troisième piège : la pose horizontale en zone très exposée. Le sens de pose influence directement l’écoulement de l’eau. Une pose verticale évacue naturellement vers le bas. Une pose horizontale crée des zones de rétention sur chaque lame. En climat océanique, cette différence peut représenter 5 à 8 ans de durée de vie supplémentaire.
Conseil pro : Mon conseil après des années de chantiers en Morbihan : ne lésinez jamais sur la lame d’air ventilée. C’est elle qui fait la différence entre un bardage qui tient 25 ans et un autre à refaire en 8 ans. Les 20 mm réglementaires sont un minimum, pas un objectif.
Ce qu’il faut retenir avant de vous lancer
Un bardage bois sur terrasse exposée en Bretagne, ça fonctionne. Mais uniquement si vous respectez trois conditions : une essence adaptée (classe 4 minimum sans protection, classe 3 avec avancée de toit), une pose ventilée conforme au DTU, et un minimum de surveillance annuelle.
Plutôt que de chercher le bois miracle, posez-vous cette question pour la suite de votre projet : votre terrasse bénéficie-t-elle d’une avancée de toit ou d’une protection partielle ? La réponse orientera votre choix d’essence bien plus sûrement que n’importe quel comparatif en ligne.